<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet type='text/xsl' href='http://fredv-studiolja.spaces.live.com/mmm2008-05-17_13.22/rsspretty.aspx?rssquery=en-US;http%3a%2f%2ffredv-studiolja.spaces.live.com%2fcategory%2fEcriture%2ffeed.rss' version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/" xmlns:msn="http://schemas.microsoft.com/msn/spaces/2005/rss" xmlns:live="http://schemas.microsoft.com/live/spaces/2006/rss" xmlns:dcterms="http://purl.org/dc/terms/" xmlns:cf="http://www.microsoft.com/schemas/rss/core/2005" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>FredV: Ecriture</title><description /><link>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogview&amp;_c=BlogPart&amp;partqs=catEcriture</link><language>en-US</language><pubDate>Fri, 04 Jul 2008 12:22:35 GMT</pubDate><lastBuildDate>Fri, 04 Jul 2008 12:22:35 GMT</lastBuildDate><generator>Microsoft Spaces v1.1</generator><docs>http://www.rssboard.org/rss-specification</docs><ttl>60</ttl><cf:parentRSS>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/blog/feed.rss</cf:parentRSS><live:type>blogcategory</live:type><live:identity><live:id>4222290153811896354</live:id><live:alias>fredv-studiolja</live:alias></live:identity><cf:listinfo><cf:group ns="http://schemas.microsoft.com/live/spaces/2006/rss" element="typelabel" label="Type" /><cf:group ns="http://schemas.microsoft.com/live/spaces/2006/rss" element="tag" label="Tag" /><cf:group element="category" label="Category" /><cf:sort element="pubDate" label="Date" data-type="date" default="true" /><cf:sort element="title" label="Title" data-type="string" /><cf:sort ns="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/" element="comments" label="Comments" data-type="number" /></cf:listinfo><item><title>Belle étoile</title><link>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2070.entry</link><description>&lt;div&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;La masse rocheuse se stabilisa, à quelques millions de kilomètres de son soleil. Elle ne devint pas immobile pour autant, mais commença à tourner autour de lui et sur elle-même. Les matières contenues dans ses cavités furent éjectées, et se retrouvèrent en orbite autour de l’astre. En parallèle, des gaz s’échappèrent et restèrent en suspension dans le ciel. La petite planète fut ainsi dotée d’un anneau rocheux et d’une atmosphère.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;À cause de la chaleur, l’eau contenue sous le sol s’évapora, et des nuages s’élevèrent. D’abord minces et légers, ils se densifièrent jusqu’à ne plus pouvoir se maintenir. Des gouttes d’eau tombèrent, et ce fut la première pluie. C’est ainsi que commença le cycle, puisque cette eau retourna dans des poches souterraines, y forma des nappes et s’évapora partiellement pour redevenir des nuages. Les premières averses firent tomber des particules qui étaient en suspension dans les couches basses de l’atmosphère, et une épaisse poussière grasse recouvrit une partie des continents. Pendant des milliers d’années, la planète continua ainsi. L’eau finit par en recouvrir près de la moitié, alors qu’une sorte de terre dissimulait totalement la roche.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Des végétaux finirent par apparaître, probablement issus de sels minéraux ramenés au sol par les pluies. Ce fut d’abord de la mousse, progressivement remplacée par de la prairie uniforme, puis par tous types de plantes à graines. En même temps, dans l’eau, apparurent des algues.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;En quelques milliers d’années supplémentaires, la planète changea de couleur pour offrir un magnifique aspect vert. Les plantes hésitantes du début avaient laissé la place à de luxuriantes forêts, par endroits percées de larges clairières.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Au bout de quelques millions d’années, des organismes cellulaires s’organisèrent, et se nourrirent des végétaux. D’abord inanimés, ils devinrent non seulement animés mais en plus autonomes. Peu nombreux au début, ils se multiplièrent et adoptèrent des formes extrêmement variées. La planète fut, en quelques dizaines de milliers d’années supplémentaires, habitée par de nombreuses espèces animales. Elles continuèrent à évoluer en douceur, et à cohabiter sans heurts, jusqu’à ce que, par accident, une bête en tue une autre. Rien ne permet de savoir comment ça s’est produit, et même la créature en fut surprise. Elle renifla sa victime, et trouva l’odeur intéressante. Prise d’une impulsion, elle serra la gorge dans sa mâchoire, tira fortement, et arracha un morceau qu’elle avala. La première sensation fut horrible, mais passa rapidement. Dès la troisième bouchée, elle avait oublié le dégoût du premier instant. Le sang qui lui coulait dans le tube digestif était bon, et apportait plein d’énergie. Depuis cet instant l’innocent animal devint un prédateur, et ne se nourrit plus que d’autres êtres vivants.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Évidemment il ne resta pas seul ainsi, et assez rapidement d’autres lui emboîtèrent le pas. Ces animaux transmirent leurs habitudes à leur progéniture, et en quelques générations un nouvel équilibre s’installa, assez subtil : les herbivores mangeaient les plantes, les carnivores mangeaient les herbivores, et tous fertilisaient le sol grâce à leurs déjections. Petite masse rocheuse au départ, la planète hébergeait maintenant tout un écosystème.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Les animaux se diversifièrent de plus en plus, et l’on vit apparaître les premiers primates. Plus de soixante millions d’années furent nécessaires pour que ces primates se regroupent en clans, et remodèlent la nature en fonction de leurs besoins. L’espèce humaine était née.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;L’évolution fut assez semblable à celle de la Terre. L’Homme apprit à se protéger contre les prédateurs, et à élever les animaux qui pouvaient lui servir de nourriture. Il découvrit également que les plantes bonnes à manger pouvaient être cultivées. Pour se simplifier la vie, il regroupa toute sa production de nourriture et installa son habitat à proximité. C’est ainsi qu’apparurent les premiers villages, qui furent très vite fortifiés pour protéger l’Homme des animaux dangereux.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Lorsqu’il commença à enterrer ou brûler les morts, l’être humain franchit une nouvelle étape : la croyance en un autre monde. Cette foi fut propagée par ceux qui voyageaient de village en village, pour écouter et reprendre les récits des sages. C’est ainsi que les légendes se forgèrent, et que l’Homme prit conscience de son histoire.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;En même temps, il apparut que ce savoir devait être transmis, de même que les croyances. Un peu partout des courageux commencèrent à faire le tour des maisons, pour enseigner aux enfants ce qu’ils devaient connaître. C’était un travail long, et pénible, d’autant plus qu’il fallait sans cesse répéter les mêmes mots, d’une famille à l’autre, jusqu’à ce qu’ils semblent vides de sens aux orateurs. Ceci perdura jusqu’à ce qu’une petite fille invite une amie chez elle pour le jour des histoires. Le sage qui enseignait là trouva pratique d’avoir deux paires d’oreilles devant lui, ce qui lui éviterait le trajet vers une maison. Réfléchissant un peu, il conclut que ce serait encore plus simple d’agrandir sa propre demeure, pour y faire venir tous les enfants du village en même temps. Son idée fut un réel succès, qui impressionna fortement un marchand du village voisin. Rentré chez lui, il raconta ce qu’il avait vu. Progressivement, par le bouche-à-oreille, toute l’humanité reproduisit le même modèle, installant des écoles dans tous les villages.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Les colporteurs et vagabonds qui allaient d’une région à l’autre amenaient avec eux des nouvelles des voisins, transmettaient des messages, permettaient aux différentes zones habitées de ne pas rester isolées. Grâce à eux, les idées nouvelles voyageaient et se répandaient, bref, c’était toute une civilisation qui se développait ainsi, prenant le meilleur de chaque endroit pour l’amener partout.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Ces échanges permirent d’uniformiser les programmes des écoles, et d’assurer que, quelle que soit son origine, chacun bénéficiait dès son plus jeune âge du même enseignement que les autres. L’humanité entière se développait, et se concentrait sur l’étude et le savoir.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Comme la planète était légèrement inclinée sur son axe, le climat n’était pas uniforme et, dans certains zones, des saisons se succédaient, alors que d’autres régions ne changeaient pas. Le temps, bien entendu, influençait grandement les humains, et en particulier ses habitudes de vie. Ainsi, les endroits les plus rudes, qu’ils soient chauds ou froids, poussaient l’homme à inventer des moyens de se protéger, alors que les régions tempérées laissaient plus de liberté pour la méditation ou l’introspection. C’est de cette manière que, grâce aux échanges entre les peuples, l’humanité développa à la fois la recherche pure et les sciences pratiques. L’Homme devint à la fois philosophe, penseur, ingénieur et technicien.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Bien évidemment, une telle société n’était pas exempte de conflits, mais ils étaient tout de même rares, et dans la plupart des cas, réglés par la discussion. Les luttes armées furent très vite oubliées, et l’Homme connut plusieurs centaines d’années de paix et de sérénité.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;À peine plus de mille ans furent nécessaires pour arriver à un haut degré de technicité, mais aussi de civilisation et de maturité. Tout ce développement se fit en harmonie avec la nature, dans le plus grand respect de la planète. Les inventions telles que l’électricité n’étaient que des moyens d’adapter l’humain à son environnement, et pas l’inverse. Il n’y eut donc aucune déprédation, aucun gaspillage.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;C’est tout naturellement que, conscient de sa profonde connaissance de sa planète, l’Homme leva les yeux vers le ciel, en direction des étoiles. Et si d’autres astres, là-haut, étaient habitables ? Il fallait s’en rendre compte, et pour cela il fallait y aller !&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;L’incessante quête du savoir montrait clairement, siècle après siècle, qu’il restait beaucoup de domaines inexpliqués. Dès le début, ou presque, l’hypothèse d’un être suprême était apparue. Si la nature existait, c’était grâce à Lui. Si l’Homme était sur la planète, c’était parce qu’Il l’avait voulu. Tout ce que la science démontrait était considéré comme création divine, et la recherche avait pour seul but de comprendre les mécanismes mis en œuvres par ce Créateur pour que le monde fonctionne.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Ainsi donc, au bout d’un long moment, se posa la grande question : où était-Il ? Son existence était reconnue et acceptée de tous, mais Sa nature restait un mystère. Était-Il comme les hommes ? Était-ce une sorte d’animal supérieur ? Peut-être une tout autre entité ? De nombreux collèges religieux étudièrent la question et formulèrent quelques hypothèses, mais prirent soin de rappeler que rien n’était prouvé.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;La recherche de planètes habitables tombait donc à pic : si des hommes pouvaient aller dans l’espace, pourquoi le Créateur ne S’y trouverait-Il pas ? Et si, tout simplement, Il résidait &lt;i style=""&gt;ailleurs&lt;/i&gt; ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Le programme de recherche spatiale devint donc la priorité absolue dans tous les domaines. Il fallait augmenter le savoir de l’humanité, trouver des terres à coloniser pour ne pas surcharger la planète, et rencontrer le Créateur pour le remercier de ses bienfaits. En quelques dizaines d’années, il fut possible d’envoyer dans l’espace des vols habités, mais ils n’étaient pas autonomes : ils devaient embarquer leur nourriture et leurs réserves d’air, et ne pouvaient en fabriquer. Or, on supposait que la quête prendrait beaucoup de temps, probablement plusieurs générations, et que le contact avec le monde d’origine serait plus que ténu.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Ce serait donc une ville entière qui serait construite dans l’espace, puis envoyée à la poursuite de la connaissance. Cette entité devrait produire elle-même tout ce dont elle aurait besoin, mais devrait aussi laisser derrière elle, à intervalles réguliers, des relais qui permettraient de communiquer avec ceux qui resteraient au sol.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;C’est un certain Moussène, théologien reconnu, qui finit par réunir une vingtaine de personnes dans le but de déterminer tout ce qui serait nécessaire pour mettre au point cette ville spatiale. Les discussions prirent plusieurs mois, mais permirent de rédiger une liste de travaux, avec des priorités. Une année supplémentaire fut nécessaire pour faire accepter cette liste par l’humanité entière, et enfin l’Homme eut sa feuille de route.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Les opérations commencèrent. Le comité Moussène, comme l’on surnomma ce groupe de travail, avait tout prévu, structuré, organisé. Il avait aussi déterminé qu’il faudrait environ trois cents ans pour mener à bien tous les travaux préparatoires, puis bâtir la cité volante et enfin la faire décoller. Pendant ces trois siècles, tout ce qui ne tournait pas autour du Grand Projet fut relégué au second plan. Les enfants étaient instruits en fonction des quotas nécessaires, dans le but de produire des quantités bien précises de chercheurs et de réalisateurs, et même leurs jeux étaient organisés de manière à développer les facultés dont ils auraient besoin pour l’accomplissement de leurs tâches.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Comme de nombreuses personnes devraient vivre sur ce vaisseau pendant des générations, il était important de tout faire pour qu’elles s’y sentent bien. Les Arts ne furent donc pas abandonnés, mais bien au contraire ils furent encouragés. Il fallait absolument que la colonie itinérante ait de quoi s’occuper, et inspirer de nouvelles vocations. Le décor et l’agencement furent donc tout particulièrement travaillés, et une gigantesque médiathèque fut montée. Elle hébergeait d’énormes quantités de livres, films et enregistrement musicaux, ainsi que des salles d’exposition pour les tableaux et sculptures. Et bien entendu, des ateliers furent installés pour permettre à tous ceux qui le souhaiteraient de s’essayer à toutes les activités créatrices.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Il était important d’entretenir le corps autant que l’esprit, et un gigantesque complexe sportif trouva place au cœur de la future cité. Toutes les disciplines pratiquées par l’humanité y seraient possibles, et même fortement encouragées. Bref, tout était pensé pour que travail et temps libre s’équilibrent et permettent un développement harmonieux des futurs colons, tant intellectuellement qu’émotionnellement et physiquement. Il s’agissait surtout de ne pas générer des frustrations et des tensions psychiques, et de fournir un exutoire à celles qui ne manqueraient pas de se manifester spontanément.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Le comité Moussène fut renouvelé au fur et à mesure des départs à la retraite, et continua à assumer la direction du projet, en relation avec les autorités religieuses. Trois ans avant la date prévue pour le départ, il entama le processus de sélection pour le pilote principal et les copilotes, qui seraient amenés à le seconder mais aussi à le remplacer en cas de besoin.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Un bon niveau scientifique était requis, mais aussi et surtout une très grande stabilité mentale et émotionnelle. La personne choisie aurait la charge de toute une communauté, et devrait en temps voulu former son propre successeur, donc il fallait une personne parfaitement équilibrée et pourvue d’une large culture, mais aussi capable de transmettre son savoir et ses compétences.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Les épreuves théoriques permirent de limiter à trente le nombre de candidats. Parmi ceux-ci seraient sélectionnés le pilote et ses cinq adjoints, et tous bénéficieraient de deux années de formation et d’une année de répétition des principaux plans d’action en cas de succès de la mission.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Les résultats des examens pratiques furent très serrés, mais c’est finalement Edinne Gorliel qui fut officiellement nommée pilote. Brillante astrophysicienne, elle était aussi une sportive accomplie et ses collègues s’accordaient à dire qu’elle était brillante en tous points, et que sa réussite était aussi attendue que méritée. Parmi ses copilotes, deux avaient obtenu de meilleurs résultats qu’elle, mais la sélection finale se basait aussi sur l’appréciation des membres du comité Moussène. Il n’y avait pourtant aucune rivalité entre les candidats, et tant les élus que les écartés félicitèrent la jeune femme dès que sa nomination fut officielle.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;À partir de ce moment, la situation avança grandement. Tandis que l’équipage, l’équipe de pilotage et les colons se préparaient pour l’éventuelle Grande Rencontre, des centaines de milliers de techniciens procédaient au chargement de la cité. Les première cultures avaient déjà porté leurs fruits, de même que les premières naissances d’animaux avaient déjà eu lieu. Depuis près de deux ans la colonie, toujours au sol, vivait en autarcie. Tout était prêt pour le départ, et la planète entière n’attendait que ça.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Le grand jour finit par arriver et, majestueusement, l’immense ville s’arracha de la surface du sol. Ce qui en revanche n’avait pas du tout été prévu, c’est l’intensité des vibrations. La planète se mit à trembler violemment, et l’activité volcanique s’intensifia brusquement. Alors que le gigantesque vaisseau s’éloignait, sa planète d’origine se disloquait et finit par s’émietter totalement. De toute la civilisation qui s’était développée en tant de temps, seuls les colons subsistaient. Et de tout l’écosystème qui s’était lentement développé, ne restaient que des gravats et poussière en suspension dans l’espace.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;L’euphorie du décollage laissa vite place à un abattement profond. Tous dans la colonie avaient assisté à la catastrophe, et chacun réalisait que leur mission était devenue encore plus vitale. À tout prix il fallait trouver une planète où s’installer. Et bien entendu, le Créateur aurait à expliquer pourquoi il avait laissé un tel cataclysme se produire. L’humanité avait-elle failli ? S’était-elle détournée de la bonne voie ? Malgré ces doutes et l’intense douleur, tous continuèrent comme prévu. La vie s’organisa à bord, malheureusement débarrassée des regrets du passé, et résolument tournée vers l’avenir.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Les observations spatiales avaient permis d’identifier plusieurs zones privilégiés, toutes situées à des distances telles qu’il faudrait plusieurs générations pour que le vaisseau y parvienne. C’est ainsi que, huit cents ans après son départ, la colonie atteignit une zone considérée comme ayant un haut potentiel. Étonnamment, la structure sociale avait perduré. Conséquence du traumatisme subi lors de la désintégration de la planète, les voyageurs avaient perdu tout entrain et toute vigueur. Ils assumaient leur mission, siècle après siècle, mais presque mécaniquement, sans vraiment y croire. Ce fut donc sans joie que l’équipe de pilotage annonça le début des manœuvres d’approche. À partir de ce moment, chacun savait que dix années au grand maximum les séparaient de l’arrivée dans un espace peut-être viable.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Tout s’enclencha comme prévu. Les systèmes d’observation se mirent non plus à relayer les signaux, mais à les enregistrer et les analyser. Dans les profondeurs de la cité, tout fut mis en ordre pour l’envoi des navettes de reconnaissance. Les pilotes désignés intensifièrent leur entraînement, qui maintenant semblait un peu moins vain.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;C’est au bout d’un an qu’un étrange écho apparut sur les détecteurs. Les trous noirs n’étaient pas rares dans l’espace, mais celui-ci semblait être d’une ampleur sans précédent. C’est au bout de quelques semaines, quand il devint visible, que les colons comprirent qu’il n’était pas particulièrement grand : il était tout simplement très proche. Rapidement, le vaisseau dévia. Le pilote et son équipe avaient beau user de toutes les ressources à leur disposition, rien ne pouvait l’empêcher : le trou noir attirait tout ce qui passait à proximité, et en particulier la cité volante.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;L’immense roue noire était impressionnante, et tous les colons passaient l’essentiel de leur temps libre à la regarder, fascinés. Bientôt une forme apparut dans la masse sombre. Ce n’était au début pas très distinct, mais le contour se précisa assez rapidement : cela ressemblait à un être humain debout, les bras tendus devant lui.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;L’humanité, du moins ce qu’il en restait, était-elle en passe de rencontrer son créateur ? Ou bien était-ce une illusion, née de l’envie et du désespoir ? Alors que la distance entre le vaisseau et le trou diminuait, la pression augmentait. Les humains se sentaient mal, oppressés. L’immense masse noire les écrasait, tant physiquement qu’émotionnellement. En quelques jours, la souffrance fut telle que les humains les moins vigoureux commencèrent à mourir. Les décès se multiplièrent, tant chez l’Homme que chez les animaux, qui eux étaient pris de panique. Pendant ce temps, la silhouette au fond du trou était devenue plus distincte, et l’on voyant son visage doux et bienveillant.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Le mouvement était inexorable, et la gigantesque colonie devint une nécropole. Bientôt, seul un petit garçon resta en vie, souffrant le martyre et attendant la libération. L’être gigantesque tourna sa tête vers lui, et sourit. L’enfant sentit ses douleurs disparaître, et une vague de joie et de bien-être l’envahit. Dans une accélération foudroyante, la colonie fut engloutie par le trou noir.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;span style="font-size:13pt;font-family:Wingdings"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&amp;#150; &amp;#151;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Le cri d’un hibou réveilla Jérôme. Il s’assit et regarda sa montre, puis se releva brusquement et se dirigea vers sa maison, encore engourdi par le sommeil. Bon sang, il avait bien dormi une demi-heure, et il avait même rêvé ! Drôle de rêve, d’ailleurs. Voilà ce qui arrive quand on s’allonge dehors pour regarder les étoiles !&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=4222290153811896354&amp;page=RSS%3a+Belle+%c3%a9toile&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=fredv-studiolja.spaces.live.com&amp;amp;GT1=fredv-studiolja"&gt;</description><comments>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2070.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2070.entry</guid><pubDate>Tue, 01 Jul 2008 20:23:26 GMT</pubDate><slash:comments>1</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/blog/cns!3A98968634966822!2070/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2070.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2008-07-01T20:23:26Z</dcterms:modified></item><item><title>Reviendrait-elle bientôt ?</title><link>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2068.entry</link><description>&lt;div&gt;&lt;a href="http://issuu.com/fredv/docs/fredv_svetlana_origines"&gt;http://issuu.com/fredv/docs/fredv_svetlana_origines&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=4222290153811896354&amp;page=RSS%3a+Reviendrait-elle+bient%c3%b4t+%3f&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=fredv-studiolja.spaces.live.com&amp;amp;GT1=fredv-studiolja"&gt;</description><comments>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2068.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2068.entry</guid><pubDate>Fri, 30 May 2008 20:47:22 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/blog/cns!3A98968634966822!2068/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2068.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2008-05-30T20:47:22Z</dcterms:modified></item><item><title>Svetlana</title><link>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2061.entry</link><description>&lt;div&gt;...sera bientôt de retour.&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=4222290153811896354&amp;page=RSS%3a+Svetlana&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=fredv-studiolja.spaces.live.com&amp;amp;GT1=fredv-studiolja"&gt;</description><comments>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2061.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2061.entry</guid><pubDate>Fri, 04 Apr 2008 16:38:04 GMT</pubDate><slash:comments>2</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/blog/cns!3A98968634966822!2061/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2061.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2008-04-04T16:38:04Z</dcterms:modified></item><item><title>Lecture gratuite</title><link>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2043.entry</link><description>&lt;div&gt;&lt;a href="http://issuu.com/fredv/docs/fragments"&gt;http://issuu.com/fredv/docs/fragments&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=4222290153811896354&amp;page=RSS%3a+Lecture+gratuite&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=fredv-studiolja.spaces.live.com&amp;amp;GT1=fredv-studiolja"&gt;</description><comments>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2043.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2043.entry</guid><pubDate>Sat, 02 Feb 2008 19:22:00 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/blog/cns!3A98968634966822!2043/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2043.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2008-02-02T19:22:00Z</dcterms:modified></item><item><title>Il est dispo !</title><link>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2042.entry</link><description>&lt;div&gt;&lt;em&gt;Fragments &lt;/em&gt;est maintenant disponible sous forme de livre.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Parcourez les mondes de l'Imaginaire... Découvrez des héros de légende, rencontrez les créatures qui nous protègent des forces obscures, voyez si un mort peut encore aimer, apprenez à monter un escalier... Au travers de seize histoires, vous allez angoisser, frémir, mais aussi parfois sourire.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;a href="http://www.lulu.com/content/1652062"&gt;http://www.lulu.com/content/1652062&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=4222290153811896354&amp;page=RSS%3a+Il+est+dispo+!&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=fredv-studiolja.spaces.live.com&amp;amp;GT1=fredv-studiolja"&gt;</description><comments>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2042.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2042.entry</guid><pubDate>Fri, 01 Feb 2008 18:42:50 GMT</pubDate><slash:comments>1</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/blog/cns!3A98968634966822!2042/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2042.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2008-02-01T18:42:50Z</dcterms:modified></item><item><title>Et si nous n'étions pas seuls ?</title><link>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2039.entry</link><description>&lt;div&gt;La réponse à cette grande question se trouve là : &lt;a href="http://www.mobipocket.com/en/eBooks/eBookDetails.asp?BookID=74142"&gt;http://www.mobipocket.com/en/eBooks/eBookDetails.asp?BookID=74142&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ce texte est extrait du recueil &amp;quot;Fragments&amp;quot;.&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=4222290153811896354&amp;page=RSS%3a+Et+si+nous+n'%c3%a9tions+pas+seuls+%3f&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=fredv-studiolja.spaces.live.com&amp;amp;GT1=fredv-studiolja"&gt;</description><comments>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2039.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2039.entry</guid><pubDate>Wed, 23 Jan 2008 19:04:06 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/blog/cns!3A98968634966822!2039/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2039.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2008-01-23T19:04:06Z</dcterms:modified></item><item><title>Laurent Martin</title><link>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2032.entry</link><description>&lt;div&gt;Cette nouvelle figure elle aussi dans le deuxième tome des Recueils du coeur : &lt;a href="http://lesrecueilsducoeur.free.fr"&gt;http://lesrecueilsducoeur.free.fr&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;--------------------------&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Le réveil sonne. Cinq heures. Y’a pas d’heure pour les braves, et j’en suis un, du moins j’espère. Alors je me lève. Douche rapide, café croissant, les fringues, le matos, et c’est parti. Emploi du temps bien rempli aujourd’hui, alors faut pas traîner. Le jour n’est pas encore levé, et les rues sont presque désertes. Marrant, la ville a l’air carrément différente. Un peu comme une jeune fille au réveil : moins jolie, mais plus vraie. Bon, je regarderai ça une autre fois. Pas le temps de faire du tourisme ce matin : j’entends déjà le camion. Et effectivement, le voilà qui se pointe. Je vais au coin, peinard, pendant que le camion s’arrête devant chaque poubelle pour laisser les gars les ramasser. Pas des flemmards, les éboueurs : au boulot tôt, et toujours en train de courir derrière le bahut avec des poubelles à la main. Respect, les gars, vous faites un sacré boulot. Je tourne à l’angle, et j’attends. Voilà, ça y est, le camion arrive. Il tourne lui aussi, comme tous les matins. Il me dépasse puis il s’arrête. Les deux gars descendent, le plus petit en dernier. Je l’appelle.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Monsieur Laurent Martin ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Oui ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;C’est bien lui. Je sors mon flingue de ma poche, j’aligne. Le type est tétanisé, apparemment il n’y croit pas. Dommage pour lui, faut croire ce qu’on voit, mec. Je tire. Joli petit trou, juste entre les yeux. Le zigue tombe. Bye-bye. Avec tout le boucan du moteur et grâce au silencieux, personne ne m’a entendu. Exactement comme prévu. Je repasse l’angle de la rue, et je me cavale vite fait. Et voilà, du boulot propre. Dix minutes, et je suis déjà de retour chez moi. Presque six heures du mat’, j’irais bien me coucher, tiens. Ou alors je me fais un deuxième café ? Ça m’a donné faim, tout ça.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Wingdings"&gt;&amp;#150; &amp;#151;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Onze heures, faut y aller. Je sors, je salue aimablement les flics qui enquêtent sur le gars de ce matin, et direction l’arrêt de bus. M’a fallu du temps, pour celui-là, mais je sais où le choper. Au quart j’arrive devant le restau. Ils commencent à servir à onze heures, donc j’aurai le temps de becter avant. Aujourd’hui, c’est entrecôte haricots verts, pas mal. J’aurais bien pris des frites, mais faut pas trop manger ce qui baigne dans l’huile. Bon, y’a quand même pas de mal à se faire du bien, donc je me prends une pression pour aider l’entrecôte à passer. Mince, onze heures cinquante, j’ai de l’avance. Allez, je m’enfile un petit café. Je le bois tranquille, à petite gorgées pour ne pas me brûler le palais. Le caoua dans un restau, je me méfie, c’est souvent carrément trop chaud. Je pose le montant de l’addition sur la table. Mouais. J’ajoute un euro, la serveuse est sympa. Et voilà, ça y est, mon type radine. Je sors mon flingue discrètement, je l’arme et je le pose sur mes genoux. J’attends que le gars se mette à table avant de l’appeler.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Hé, Laurent Martin !&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Hein ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;On dit pas « Hein », on dit « Comment », pauvre truffe. Je lève le bras, je presse la détente, et je me tire. Le gars s’écroule, mais j’ai juste le temps de voir le troisième œil qui lui pousse entre les deux autres. Impec’.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Wingdings"&gt;&amp;#150; &amp;#151;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Allez, on accélère. Je cours jusqu’au coin de la rue, je saute dans une entrée de métro. Zut, j’ai pas de ticket sur moi. Tant pis, je passe par-dessus le tourniquet. Juste au moment où la rame arrive, c’est quand même beau la chance. Huit stations avant le terminus, j’ai le temps de me reposer un peu. Gaffe à ne pas m’endormir, manquerait plus que je rate le suivant !&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Une fois arrivé, j’avise le point presse. Je m’approche, le flingue prêt mais discret sous les fringues.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Monsieur Laurent Martin ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Euh, oui, c’est moi.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font size=3&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Ben ça tombe bien mon Toto. Je tends le bras, le mec louche sur mon flingue, je tire. D’un seul coup il ne louche plus du tout… Vite, je saute sur la voie et je suis le chemin d’entretien jusqu’à la station suivante. Là, je prends un métro dans l’autre sens, et c’est bonnard.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Wingdings"&gt;&amp;#150; &amp;#151;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Je tiens un bon rythme. Deux stations et je change, direction tour Eiffel. Attention, là, pas facile. J’enlève mes pompes, je les remplace par les rollers qui sont dans mon sac à dos, et je vais rejoindre les touristes sous le monument. Après avoir fait plusieurs fois le tour de la place, je repère mon gars. Assez costaud, un flingue sur le côté, il a de l’allure dans son uniforme. Mais pourquoi il a choisi d’être agent de sécurité, ce con ? Allez, je roule vers lui, et je m’arrête pile sous son nez.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Bonjour. Vous êtes Laurent Martin ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Oui, pourquoi ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Je change un peu, je tire dans le bide. Il s’écroule quand même, pas contrariant, pendant que j’accélère à fond sur mes rollers. Je dégage vite fait, et je m’arrête quelques rues plus loin pour remettre mes grolles.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Wingdings"&gt;&amp;#150; &amp;#151;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Maintenant c’est plus facile, mais faut pas la jouer trop cool pour autant. Surtout pas m’endormir sur mes lauriers, j’ai pas encore fini ma journée, moi ! Je vais faire les magasins,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;mais croyez pas que c’est pour m’amuser. Je navigue parmi les téléphones portables, les baladeurs, les caméscopes, les télés, et ainsi de suite. Une jolie brune me demande si elle peut m’aider. Non, mignonne, tu ne peux pas m’aider, et tant mieux pour toi. « Non, je vous remercie, je regarde un peu tout, c’est pour faire un cadeau, alors je n’ai pas encore choisi. ». Elle me dit de lui faire signe si j’ai besoin de quoi que ce soit, et elle part aider un vrai client. Tout en continuant mon lèche-vitrine, je surveille l’autre vendeur qui est en train de montrer des téléphones à un ado. Le jeune finit par se casser, et je fais coucou au vendeur, avec un petit sourire. Pas de raison pour ne pas être aimable.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Bonjour monsieur, puis-je vous aider ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Probablement, oui. Vous êtes Laurent Martin ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Euh, oui, pourquoi ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;C’est marrant parce que dès que je tire, sa question n’a plus l’air de l’intéresser. Pas plus que la réponse, d’ailleurs. Il tombe, pendant que je décarre du magasin. Encore un de fait, j’avance bien, là.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Wingdings"&gt;&amp;#150; &amp;#151;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Deux rues à suivre, impec’, pas besoin d’aller trop loin. Je me mets en position. Celui-là aussi, il m’a fallu du temps pour décider comment l’avoir, mais j’ai fini par trouver. Voilà, c’est l’heure. Il ouvre la fenêtre et il s’accoude pour la pause clope. C’est nocif, mec, tu devrais pas. Personne dans la rue, et il regarde les pigeons sur le trottoir. &lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Ho, Laurent Martin !&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Quoi ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Je l’aligne rapidement, je tire, il s’effondre. Je te l’ai dit, c’est nocif la clope : tu fumerais pas, tu serais encore en vie.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Wingdings"&gt;&amp;#150; &amp;#151;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Allez, on enchaîne. Je cours vers le square. Mon petit vieux est là, comme tous les jours à la même heure, à faire son petit tour avant de retourner s’abrutir devant la télé. C’est pas encore la sortie des classes, alors y’a pas un chat. Je passe la barrière, je sors le flingue discrètement et je le garde le long du corps, puis j’appelle le pépé.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Monsieur Laurent Martin ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Oui ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Nickel. Je tends le bras, je tire, je me casse illico. Le vieux touche terre au moment où je referme la barrière.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Wingdings"&gt;&amp;#150; &amp;#151;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Un petit goûter, ça me fera du bien. Direction le salon de thé, pas loin d’ici. La patronne m’accueille avec un grand sourire, et m’installe à une table. Je prends un thé à l’orange avec une tarte aux pommes.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Ouah ! Ben dis donc, je reviendrai, moi. La tarte est carrément délicieuse. Faut que je félicite le cuistot. Ça tombe bien, de toute façon fallait que je le voie. Je souris à la dame derrière le comptoir, et je la rassure : oui, tout va bien, oui, c’est vraiment très bon, et comment il fait votre cuisinier pour que ce soit aussi bon, j’aimerais bien le féliciter !&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Toute heureuse elle part en cuisine, et revient avec un grand échalas à l’air un peu niais. On cause un peu, et le gars me note sa recette sur un coin de la nappe en papier. Je plie soigneusement la nappe, je la mets dans mon sac à dos, puis je me tourne à nouveau vers le type.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Vous êtes bien Laurent Martin ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Oui, pourquoi ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Il a juste le temps de faire « Oh » quand je sors mon flingue. Je tire, et le trou dans son crâne a lui aussi l’air de faire « Oh ». Surprise !&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt; &lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Wingdings"&gt;&amp;#150; &amp;#151;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:14.2pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Bon, vite, direction la Poste. Pas trop de monde, tant mieux. Je sors le papier, je m’approche de la guichetière, et je le lui tends. Le moment est proche.&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Bonjour. Je viens retirer un recommandé.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Une pièce d’identité, sil vous plaît.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Voici.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Monsieur Laurent Martin.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt 53.45pt;text-indent:-18pt;text-align:justify;tab-stops:list 53.45pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font size=3&gt;—&lt;/font&gt;&lt;span style="font:7pt 'Times New Roman'"&gt;    &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;font color="#000000" size=3&gt;Ouaip. Laurent Martin. Le seul, l’unique !&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt;Putain, y’a des années que je rêve de pouvoir dire ça !&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000" size=3&gt; &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=4222290153811896354&amp;page=RSS%3a+Laurent+Martin&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=fredv-studiolja.spaces.live.com&amp;amp;GT1=fredv-studiolja"&gt;</description><comments>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2032.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2032.entry</guid><pubDate>Sun, 13 Jan 2008 19:24:24 GMT</pubDate><slash:comments>3</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/blog/cns!3A98968634966822!2032/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2032.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2008-01-13T19:24:24Z</dcterms:modified></item><item><title>Clotilde</title><link>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2031.entry</link><description>&lt;div&gt;Vous trouverez cette histoire dans le tome 2 des Recueils du Coeur : &lt;a href="http://lesrecueilsducoeur.free.fr/"&gt;http://lesrecueilsducoeur.free.fr/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Il y a bien longtemps que le monde a changé, et que l’humanité a oublié ce qu’elle avait de plus beau. Seuls des récits nous sont parvenus, en général considérés comme des légendes plutôt que comme des souvenirs. De même, les valeurs fortes du passé sont maintenant tournées en dérision ou vues et ressenties d’une manière qui étonnerait nos ancêtres s’ils en avaient connaissance. Assurément ils penseraient que nous avons perdu notre identité, que nous avons mis de côté ce qui fait de nous des humains.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Par exemple, connaissez-vous l’histoire de Clotilde ? Je ne parle pas de sainte Clotilde, mais de la jeune paysanne qui a vécu un peu plus tard. Non ? Bien, je vais donc vous la raconter. C’est une assez belle histoire, qui m’a été rapportée par une vieille femme un jour où, assis sur un banc dans un parc public, je réfléchissais – activité d’autant plus stupide qu’il pleuvait. Cette dame m’a abordé en me disant qu’elle me trouvait l’air triste, et qu’à mon âge c’était bien regrettable. Alors elle a voulu me narrer cette histoire.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Clotilde vivait dans un charmant petit village, un peu au sud de la Loire. Ce n’est que de nos jours que nous qualifierions l’endroit de charmant, mais à l’époque c’était un petit bourg comme tant d’autres. Au milieu de ces vertes collines la vie n’était pas plus difficile ou moins agréable qu’ailleurs et, dans l’ensemble, les habitants se sentaient un peu oubliés par le royaume et donc parfaitement heureux.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Un fort beau jeune homme avait courtisé une avenante jeune fille, et très rapidement leurs parents décidèrent de les marier pour que la morale reste sauve et ne succombe pas aux assauts de la nature. Neuf tout petits mois plus tard, la jeune dame donna naissance à une adorable petite fille. Elle fut prénommée Clotilde en souvenir de sa grand-mère, et sa vie commença sous un magnifique rayon de soleil. Son enfance fut un enchantement pour ses parents, qui ne pouvaient qu’être fiers de cette enfant : toujours souriante, perpétuellement de bonne humeur, curieuse de tout, serviable et dévouée, et d’une gentillesse extraordinaire. À dire vrai, la demoiselle était la fierté du village.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Un jour, l’apprenti du forgeron partit s’établir et ouvrir sa propre échoppe. Il aurait pu attendre que son maître prenne sa retraite, mais il voulait voler de ses propres ailes et prendre son indépendance au plus tôt. Comme il ne pouvait le faire si près de son maître il dut traverser la rivière et s’installer dans le village voisin, séparé de celui de Clotilde par un simple mais très joli cours d’eau.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Là il fit la connaissance de jeunes gens de son âge, avides d’entendre parler du vaste monde. Il leur parla donc de ce qu’il en avait vu : son ancien village et ses habitants. Et c’est ainsi qu’il parla de Clotilde à ses nouveaux amis, la décrivit, leur dit à quel point elle était admirable, bref, leur dépeignit une femme si parfaite qu’ils n’eurent plus qu’un unique rêve : la rencontrer.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;L’un deux, probablement plus hardi que les autres, décida de partir à l’aventure et à la conquête de cette personne qui, sans le connaître, avait déjà ravi son cœur. Je sais, c’est simpliste et quelque peu ridicule, mais en ces temps-là on était plus simple, plus naturel, et on ne reniait pas ces sentiments que de nos jours on étouffe à tout prix alors qu’ils pourraient nous rendre la vie si belle !&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Ce jeune homme sortit donc de son village et s’installa au bord de la rivière. Je suis certain que vous pensiez qu’il allait la traverser, mais son sens de l’aventure n’allait tout de même pas jusque là. Il s’assit sur la rive, laissa ses pieds baigner dans l’eau vive et froide, et regarda l’autre côté. Pendant trois jours il vint tous les matins avant d’aller travailler, puis revint tous les soirs. Et enfin, au quatrième jour, il aperçut une splendide demoiselle qui venait remplir un seau. Il lui demanda si elle était Clotilde, mais à sa grande déception la jeune fille lui répondit que non. Alors il remercia gentiment l’inconnue puis reprit son attente.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Plusieurs mois passèrent, le jeune homme rencontra presque toutes les jouvencelles du village voisin mais malheureusement à aucun moment Clotilde ne vint, et la déception grandissait jour après jour. Pendant tout ce temps les belles qu’il avait interrogées avaient parlé, et ainsi tout le village savait ce que ce jeune monsieur faisait là. Les parents de Clotilde en concevaient à la fois fierté et inquiétude : ils étaient heureux de voir que leur fille était connue si loin de chez eux (Imaginez ça : de l’autre côté de la rivière !), mais ils se demandaient ce que l’énigmatique personnage attendait de leur charmante petite.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;L’intéressée, elle, était plutôt embarrassée par toutes ces histoires. Malgré ses dix-sept ans elle n’avait encore jamais fait parler d’elle d’une telle manière, et elle trouvait fort incongru l’intérêt de ce jeune homme qu’après tout elle n’avait jamais vu. Finalement, elle décida de voir par elle-même celui dont toutes les jeunes filles du village parlaient. Un beau matin elle se rendit donc au bord de la rivière, et s’assit là en laissant tremper ses pieds dans l’eau.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Quelques minutes plus tard arriva le jeune homme qui prit sa place habituelle, juste en face de celle qu’elle avait choisie. Il avait l’air assez peu enjoué, et regardait ses pieds. C’est ainsi qu’il se rendit compte que, sous l’eau et à peu de distance de ses petons, une autre paire de jambes plongeait dans l’onde. Il suivit du regard les mollets qui disparaissaient sous la robe, et remonta le long du vêtement. Des courbes plaisantes et harmonieuses l’amenèrent jusqu’à un bien agréable visage qui le regardait avec un petit air à la fois indigné et amusé. Comprenant que son attitude était en tout point incorrecte et offensante pour l’énigmatique demoiselle, il présenta ses plus humbles excuses. Comme la jeune fille ne réagissait pas, il affirma s’appeler Rodric, l’invitant ainsi à décliner son nom elle aussi. Elle s’exécuta avec grâce et d’une voix exquise, et enfin le jeune homme sut que son vœu était exaucé : il avait en face de lui la Clotilde si chaudement vantée. Et ma foi, il faut bien le reconnaître, les plus audacieuses descriptions n’arrivaient pas à la cheville de la vérité. Là, devant lui, de l’autre côté du cours d’eau, se trouvait l’incarnation de la Beauté.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Rodric sut trouver les mots pour expliquer à Clotilde ce qui l’avait poussé vers elle, il la rassura sans peine : le jeune forgeron n’était que courtoisie pour parler d’elle, et rien dans ses dires n’était de nature à offenser la demoiselle. Elle-même avoua sa surprise devant le récit de ses consœurs, et sa curiosité devant ce si obstiné jouvenceau. Puis tous deux se turent, par peur de prononcer une parole malhabile.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Pendant plusieurs semaines ils se retrouvèrent ainsi chaque matin et chaque soir. Ils ne parlaient jamais, ne se regardaient que très peu, mais chacun sentait la présence de l’autre et s’en trouvait bien. Ce qui ne faisait pas l’affaire des jeunes filles qui, cachées dans les buissons, guettaient le moindre signe d’inconduite pour en régaler leurs yeux et trouver ainsi matière à bavardage. De leur côté, les jeunes hommes amis de Rodric surveillaient également la scène, attendant de voir leur compère oser tendre les bras vers sa belle. Eux aussi étaient déçus, car à aucun moment il ne prit cette folle initiative.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Un jour, Rodric et Clotilde arrivèrent au même moment près de la rivière. Malheureusement, il avait plu la veille, et les rives étaient glissantes. Dans un ensemble charmant, tous deux dérapèrent et tombèrent dans l’eau. Quelle horreur ! Aucun des deux ne savait nager. Heureusement il existe une Providence pour les amoureux, et c’est sous la forme de deux magnifiques poissons qu’ils plongèrent dans l’onde. Enfin ils étaient ensemble, l’un contre l’autre. Ils partirent conjointement en suivant le courant. D’un côté comme de l’autre les jeunes gens furent émus par ce singulier destin et décidèrent de construire un grand pont pour rassembler les deux villages en un seul, que tous nommèrent « Hameau des amoureux ».&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Wingdings"&gt;&amp;#150; &amp;#151;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Tahoma"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;La vieille dame s’interrompit, et je repris doucement mes esprits. Son histoire m’avait emporté, et avait remué quelque chose en moi. En revanche je ne voyais pas vraiment le rapport avec ma présence sur le banc, et je le dis à cette sympathique petite vieille. Sa réponse me laissa pantois.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;« Eh bien c’est simple : si vous restez assis comme ça sous la pluie, vous serez bientôt aussi trempé qu’eux ! »&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=4222290153811896354&amp;page=RSS%3a+Clotilde&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=fredv-studiolja.spaces.live.com&amp;amp;GT1=fredv-studiolja"&gt;</description><comments>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2031.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2031.entry</guid><pubDate>Tue, 08 Jan 2008 21:02:29 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/blog/cns!3A98968634966822!2031/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2031.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2008-01-08T21:02:29Z</dcterms:modified></item><item><title>Millian</title><link>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2021.entry</link><description>&lt;div&gt;A son tour, Millian est disponible sur Mobipocket. Bonne lecture !&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;a href="http://www.mobipocket.com/en/eBooks/BookDetails.asp?BookID=70618"&gt;http://www.mobipocket.com/en/eBooks/BookDetails.asp?BookID=70618&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=4222290153811896354&amp;page=RSS%3a+Millian&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=fredv-studiolja.spaces.live.com&amp;amp;GT1=fredv-studiolja"&gt;</description><comments>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2021.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2021.entry</guid><pubDate>Thu, 20 Dec 2007 18:38:22 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/blog/cns!3A98968634966822!2021/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2021.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-12-20T18:38:22Z</dcterms:modified></item><item><title>Fragments</title><link>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2016.entry</link><description>&lt;div&gt;&amp;quot;Fragments&amp;quot; est disponible dès maintenant sur Mobipocket, et très bientôt sur Lulu.&lt;br&gt;&lt;a href="http://www.mobipocket.com/en/eBooks/BookDetails.asp?BookID=69669"&gt;http://www.mobipocket.com/en/eBooks/BookDetails.asp?BookID=69669&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ceux qui ont déjà &amp;quot;Frissons et sourires&amp;quot; se tourneront plutôt vers &amp;quot;Sourires et frissons&amp;quot; (bravo, quelle originalité !) bientôt disponible sur Lulu, puisque &amp;quot;Fragments&amp;quot; est le regroupement de ces deux recueils.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;A bientôt !&lt;br&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;a href="http://byfiles.storage.live.com/y1pBFUpyOKkiuRy8iA1kim-0vUTrZ75jiYKhvKGPoHcIjucyqxrU8e0f4tItlh6RdYff2_lOfQF0VY" target="_blank"&gt;&lt;img height=200 alt="Fragments_Mobipocket" src="http://byfiles.storage.live.com/y1pBFUpyOKkiuRy8iA1kim-0vUTrZ75jiYKhvKGPoHcIjucyqxrU8e0f4tItlh6RdYff2_lOfQF0VY" width=143&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=4222290153811896354&amp;page=RSS%3a+Fragments&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=fredv-studiolja.spaces.live.com&amp;amp;GT1=fredv-studiolja"&gt;</description><comments>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2016.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2016.entry</guid><pubDate>Mon, 10 Dec 2007 20:41:36 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/blog/cns!3A98968634966822!2016/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2016.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-12-10T20:41:36Z</dcterms:modified></item><item><title>Les Veilleurs - partie 1</title><link>http://fredv-studiolja.spaces.live.com/Blog/cns!3A98968634966822!2013.entry</link><description>&lt;div&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Vers la toute fin des années 2040 l’Europe connut une vague sans précédent d’événements surnaturels. Oui, vous avez bien lu : des fantômes, des poltergeist, et toutes sortes de créatures que l’on aurait crues sorties de l’imaginaire collectif. Tout cela a bien duré six mois, puis s’est subitement interrompu pour ne pas reprendre. Trois ans se sont écoulés depuis, sans le moindre fait étrange à relater. La vie a repris son cours, parfois calme et souvent chaotique, mais toujours de manière naturelle et sans aucune intervention des forces obscures. Quelques personnes, un peu plus intelligentes et observatrices que la moyenne, savent ce qui s’est réellement passé, mais ce sont de rares exceptions. La version officielle, reconnue comme vérité par les autorités de tous les pays concernés, est très simple : les phénomènes ont cessé comme ils ont commencé, pour des raisons indéterminées. Au moins tout le monde s’accorde à dire que ça s’est réellement produit, et qu’il ne s’agissait pas d’illusions, mais aucun humain à l’heure actuelle ne sait de manière sûre toute l’histoire.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Moi, en revanche, je sais très bien ce qui s’est produit, puisque j’y étais. Beaucoup d’entre vous étaient là aussi, et certains m’ont probablement croisé, mais je doute que vous vous en souveniez, alors autant faire les présentations comme si on ne se connaissait pas. Je m’appelle Rowr, je suis le dernier Veilleur en vie, et je suis un chat. Eh oui, un félin. Un matou. Un greffier. Appelez-moi comme vous voulez, ça n’a aucune importance. Je sais ce que je suis, je connais mes congénères, et je vous connais, vous, les humains. Mais je vais trop vite, ne nous emballons pas. Commençons par le début, c'est-à-dire les Grandes Guerres.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;span style="font-size:13pt;font-family:Wingdings"&gt;&amp;#150; &amp;#151;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;J’imagine que vous ne savez pas de quoi je parle, puisque les puissances impliquées se sont ingéniées à faire oublier leur existence. Voyons, par où commencer ? Ah, oui, je sais !&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Il y a plusieurs milliers d’années, alors que l’homme n’arpentait pas encore la Terre, les Nerliffs arrivèrent. C’étaient des créatures d’une très haute intelligence, et qui maîtrisaient totalement les ressources de leur esprit. Je dis bien « leur esprit », au singulier, parce qu’ils partageaient une conscience collective. Ce que savait ou vivait l’un d’entre eux, tous le savaient et le vivaient au même moment. La proximité n’était pas nécessaire, et quelle que soit leur localisation chacun d’entre eux ressentait très précisément ce qui arrivait aux autres. Assez étrangement, cette symbiose permanente n’avait pas gommé les individualités, et leur société n’était pas monolithique. Chacun avait ses propres goûts, opinions, envies, etc., mais tous partageaient un même amour pour la connaissance. Tous les Nerliffs, quelle que soit leur condition, étaient avides d’apprendre. C’est pour cela que très souvent l’un d’entre eux partait à l’aventure : cela lui permettait d’envoyer aux autres de nouvelles sensations, de nouvelles connaissances, bref tout le peuple nerliff augmentait son savoir. Au cours de leur histoire, il y avait à tout moment près de la moitié de la population en voyage d’études.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;C’est de cette manière qu’ils développèrent, au bout de quelques siècles d’existence, les techniques nécessaires pour quitter leur planète et partir en exploration dans l’espace. L’engouement fut sans limites, et des millions d’individus se lancèrent dans de périlleux voyages. Malheureusement l’enthousiasme fut vite refroidi par l’ampleur du risque, que personne n’avait soupçonnée. Par dizaines, par centaines même, les Nerliffs mouraient dans l’espace : asphyxie, faim, collision avec des corps célestes, bref l’espace recélait pour eux d’innombrables dangers. Devant cette hécatombe ils renoncèrent temporairement, et réfléchirent à la question. Il apparut rapidement que le principal problème était leur fragilité corporelle. Et là, chose surprenante, ils eurent une idée totalement inattendue : au lieu de chercher à protéger leur corps, ils décidèrent de s’en affranchir.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Plusieurs siècles supplémentaires furent nécessaires, mais le pouvoir de leur esprit était tel que les Nerliffs réussirent : ils se décorporèrent. Chose difficile pour les adultes, c’était d’une désarmante simplicité pour les enfants. Ils naissaient d’ailleurs avec des corps de plus en plus minces, diaphanes, presque transparents, et poreux. La mutation s’acheva progressivement, et après quelques générations ils naissaient sous la forme d’un globe malléable fait d’énergie pure. Ils furent heureux de constater que leurs vœux étaient comblés : les nouveaux-nés n’avaient pas besoin de s’alimenter, pouvaient résister aux conditions les plus extrêmes, et plus généralement semblaient insensibles à toutes les manifestations physiques de leur environnement. Quelques expériences complémentaires leur permirent d’aller plus loin, et de tout faire reposer sur leur esprit. Ils découvrirent la lévitation, la téléportation, et très rapidement le moyen de se projeter dans l’espace et de s’y déplacer à volonté, tout en communiquant avec ceux restés au sol.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;L’exploration put reprendre, et l’univers entier fut bientôt parcouru par des hordes de masses lumineuses qui se glissaient partout, observaient tout, voyaient tout, et cela sans modifier quoi que ce soit aux mondes visités. En effet, les Nerliffs avaient développé un respect infini pour la Création, et il leur paraissait naturel de ne rien changer là où ils passaient et de simplement se poser comme les témoins de leur temps.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;À force de regarder les autres planètes, les Nerliffs en oublièrent un peu de regarder chez eux. C’est ainsi qu’ils ne virent pas leur propre monde s’user, et arriver au terme de sa vie. Eux qui avaient découvert des centaines d’astres habités n’avaient pas vu que le leur dépérissait. Il fut bientôt trop tard pour le sauver, et l’exode fut décidé. Pour cela ils passèrent en revue tous les mondes connus, et arrêtèrent leur choix sur une boule bleue située à une distance pharamineuse de la leur. Tous s’élevèrent ensemble et prirent leur envol, pour un voyage qui dura près d’un millénaire. Heureusement pour eux, avec leur corps avait disparu leur mortalité. Il n’y avait plus de naissances, mais plus personne ne mourait. Ils ne souffrirent donc pas de la durée de leur périple.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;A cause de leur nombre, ils durent rester plusieurs jours en orbite autour de la Terre et n’atterrir que par petits groupes. Une année fut nécessaire à cette opération, suivie d’une année de plus pour s’intégrer dans ce nouveau monde sans en perturber l’organisation. Ils purent ensuite reprendre leur vie normale, et retourner à leurs études et à l’augmentation de leur savoir.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Quelques temps passèrent à nouveau, jusqu’à ce qu’arrivent sur Terre les Firrials. Ce fut pour les Nerliffs une surprise totale : une race de créatures qu’ils n’avaient jamais rencontrées et dont ils n’avaient jamais entendu parler, malgré toute leur érudition et leurs connaissances. Ils se précipitèrent pour les accueillir, mais les choses tournèrent mal. Très mal.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Les Firrials étaient une race violente, qui ne vivait que pour la destruction. Peuple nomade, ils erraient dans l’espace à la recherche d’êtres vivants qu’ils pourraient tuer pour absorber leur essence vitale. Les Nerliffs auraient pu être à l’abri des agressions si les Firrials n’avaient, eux aussi, développé des compétences inattendues. Malheureusement, ces envahisseurs représentaient un réel danger : ils s’attaquaient aux esprits. Même dépourvus de corps, les érudits étaient des proies pour les nouveaux arrivants, qui se jetèrent sur eux dès la première rencontre. Une guerre terrible s’ensuivit, et dura pendant des années. Les Firrials apprirent l’existence des Nerliffs en voyage d’exploration, et la moitié d’entre eux partit à la recherche de ces errants. Sur Terre les combats duraient et malgré une résistance héroïque, il était évident que les Nerliffs finiraient par être vaincus, et totalement annihilés. Vu la criticité de la situation, ils décidèrent d’investir d’autres créatures de leur puissance, mais de manière discrète. Ainsi, à leur mort, leur essence trouverait d’autres réceptacles et les Firrials pourraient partir, persuadés d’avoir éliminé la race la plus intelligente des lieux et peut-être même de l’univers tout entier.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Alors qu’il ne restait plus sur notre planète que quelques Nerliffs, ils conjuguèrent leurs efforts et instillèrent leur essence profonde dans une meute de petits félins qui vivaient à proximité. Cet ultime effort leur coûta la vie mais eut l’effet attendu : les quelques Firrials survivants ne remarquèrent rien, et reprirent leur envol à la recherche d’autres races à détruire.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Les petites créatures maintenant dépositaires des pouvoirs nerliffs continuèrent à vivre, inconscientes de ce qui leur était arrivé. Quand l’homme commença à arpenter la planète, elles étaient là, prêtes à vivre avec lui. A chaque fois que l’humanité s’est trouvée en danger, nous, les chats, avons fourni l’aide nécessaire, souvent discrètement. Parfois il suffisait que nous soyons présents pour que les hommes soient plus forts, plus courageux. A d’autres moments nous avons dû aider de manière plus significative, en luttant contre des forces obscures pendant que vous luttiez les uns contre les autres.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Les chats sont bien plus sensibles aux énergies surnaturelles que les humains, et c’est pour cela que parmi nous est apparu une caste, chargée de surveiller les manifestations d’énergie. Ces chats, peu nombreux mais respectés par leurs congénères, ce sont les Veilleurs.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;span style="font-size:13pt;font-family:Wingdings"&gt;&amp;#150; &amp;#151;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:center" align=center&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Je vous l’ai déjà dit : moi, Rowr, je suis le dernier d’entre eux. Si tous les autres sont morts, c’est pour vous. Eh oui. Je sais, vous ne nous avez rien demandé, et le pire c’est que vous ne savez même pas ce qui s’est produit !&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Si je vous raconte tout cela aujourd’hui, c’est parce que je ne suis plus tout jeune. Moi aussi, je vais bientôt disparaître et c’en sera fini de nous. J’ignore si d’autres apparaîtront, mais en attendant leur arrivée vous serez à nouveau en danger, privés de ceux qui vous protègent. Quoi ? Oui, je tourne un peu en rond. Laissez-moi mettre de l’ordre dans mes idées, je n’ai pas l’habitude de raconter ma vie. Voyons, comment présenter ça ? Oui, bien sûr ! Vous souvenez-vous du 5 avril 2042 ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Je me suis éveillé ce matin-là avec un léger mal au ventre. Rien de bien méchant, probablement un souvenir du repas de la veille. Les poubelles de restaurant c’est souvent du tout bon, mais parfois c’est la cata complète. Vous êtes surpris ? Oui, je suis un chat de gouttière. Un de ceux qui traînent dans les rues, qui miaulent sous vos fenêtres, et qui de manière générale sont indépendants et se font une petite vie peinards. Ce n’est pourtant pas un choix de notre part : c’est notre rôle qui nous oblige à être ainsi. La plupart des chats vivent chez les humains et assurent leur protection, mais nous, les Veilleurs, ne devons pas nous attacher à vous. Pour que nos perceptions soient tout le temps aiguisées, il est nécessaire de vivre à la dure. Et donc pas de maison, pas de panier à coussin, pas de litière, pas de bloc à griffer. En revanche, le grand air, la liberté, bref, la grande vie. Mais je m’égare, là.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Donc ce matin-là j’avais mal au bide, et je me suis dépêché de faire sortir ce qui me dérangeait. Un peu plus léger, je me suis mis en quête de nourriture quand Miarrr est arrivé, l’air tout excité. Je me suis assis pour lui parler, mais il m’a fait « non » de la tête et il m’a invité à le suivre. J’ai dû lui poser mes questions pendant que nous courions le long des rues.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Qu’est-ce qui se passe ? Des ennuis ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Un peu, oui ! On signale un fantôme chez les humains.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Comme d’habitude, non ? Des étudiants qui font une blague, ou un poivrot qui a croisé un miroir ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Pas cette fois-ci. Pschhrr était sur place, et il a l’air complètement paniqué. C’est lui qui a convoqué tout le monde.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Pendant que nous continuions à courir, je réfléchissais. Pschhrr était l’Ancien, l’un des Veilleur les plus puissants, mais aussi l’un des plus calmes et des plus pondérés. C’est lui qui dirigeait notre petite communauté. S’il affirmait qu’il se passait quelque chose d’inhabituel, il n’y avait aucune raison d’en douter. Je n’étais donc pas vraiment à l’aise en arrivant sur le terrain vague où les autres nous attendaient. Une réunion de tous les Veilleurs d’une même ville est un événement rare, puisque nous pouvons communiquer par télépathie. C’est pourquoi la visite de Miarrr m’avait surpris, presque plus encore que la convocation. Quelle menace pouvait ainsi nous obliger à ne pas user de nos capacités habituelles ? Je me suis assis parmi les autres, et j’ai essayé de capter les conversations. Chose surprenante, elles étaient toutes vocales. Il n’y avait aucun dialogue mental, alors qu’habituellement il constitue l’essentiel de nos échanges. Je n’entendis rien de précis : seulement les mêmes interrogations que les miennes.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Pschhrr arriva enfin, et pris place sur une souche, de manière à être vu de tous. Le silence se fit rapidement : nous étions tous curieux (nous ne sommes pas des chats pour rien), et impatients de savoir si la situation était grave ou non. Notre ami prit la parole.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— J’avais du mal à dormir, cette nuit, alors je me suis levé et je suis parti me promener. J’ai trouvé une fenêtre entrouverte sur une maison, alors je suis entré. La maison avait l’air plutôt sympa, mais j’ai senti d’un seul coup une énergie bizarre en passant devant une porte. J’ai réussi à ouvrir et je me suis faufilé à l’intérieur de la pièce, une chambre où dormaient deux humains. Au-dessus d’eux flottait une forme sombre, entourée d’un halo rouge. Je n’avais jamais vu ça avant, mais quelque chose me disait que j’aurais dû ou pu reconnaître cette silhouette.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Tu veux dire que tu connaissais ce truc ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Pas tout à fait. À mon avis c’est plutôt une chose dont on m’a parlé, mais je ne m’en souviens pas encore. Pas grave, ça me reviendra.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Et tu es sûr que c’était surnaturel ? Je veux dire, tu n’es pas tombé sur des sales gosses qui faisaient une blague à leurs parents ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Non, hors de question. Les émanations étaient tellement fortes que j’en avais le poil hérissé, et vous savez bien que ce ne sont pas des moutards qui vont me faire cet effet-là.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— OK. Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— J’ai réussi à chasser la chose, mais pas facilement. C’était un mal profond, intense, et j’ai bien failli me faire avoir.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Ça, c’était une grande première. À ma connaissance, personne n’avait jamais mis Pschhrr en difficulté, et je n’aurais jamais imaginé que ça puisse être possible. Comme je l’ai dit, il a une puissance extraordinaire, nettement supérieure à la mienne ou à celle de la plupart d’entre nous. En revanche, je ne voyais pas trop pourquoi il avait convoqué tout le monde. Il fallait que je lui pose la question.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Euh, et pourquoi tu nous as fait venir ? Et surtout pourquoi une convocation verbale, plutôt que télépathique ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— La créature n’est plus là, mais le mal qui l’animait n’a pas disparu. Je le sens dans chacun de mes poils : ce n’était que le début des ennuis. Donc j’ai préféré vous voir sans alerter les forces qui sont parmi nous.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Tu en es sûr ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Faites-moi confiance.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Miarrr n’avait pas l’air convaincu, et je voyais qu’il s’apprêtait à protester quand une rumeur lointaine enfla, s’approchant de plus en plus. Nous avons pu l’identifier très vite : des aboiements. Instantanément, nous nous sommes dispersés et cachés comme nous pouvions parmi les ordures répandues sur le terrain vague, et nous avons attendu. En quelques secondes les chiens sont arrivés, une vingtaine de clébards poursuivis par une sorte de masse gélatineuse qui flottait au-dessus. Nous avons laissé passer le groupe, puis nous nous sommes regroupés. Tous, nous avions senti la force psychique émanant de l’étrange forme, et aucun d’entre nous ne se sentait à l’aise : nous avions affaire à quelque chose d’inédit pour nous, et de puissant. Pschhrr se tourna vers nous.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Bon, j’imagine que maintenant vous voyez de quoi je parle ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— D’accord, c’était inhabituel, mais pas si costaud que ça tout de même.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Je te garantis que ce que j’ai vu était largement plus balèze que ça. Bon sang, vous me connaissez. Vous savez que je ne suis pas un alarmiste. Si je vous dis qu’on a des ennuis, c’est qu’on en a.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— OK, on fait quoi alors ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Tenez-vous sur vos gardes. Moi, je vais prévenir le Conseil des Veilleurs. Si ça se trouve, d’autres que nous ont eu les mêmes problèmes, et sinon il faut qu’ils soient au courant, au cas où ça se produirait chez eux, ou au cas où…&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Il arrêta de parler. Nul besoin de finir sa phrase, tout le monde avait très bien compris : « au cas où nous n’arriverions pas à nous occuper de ça sans aide ». Jamais encore depuis ma naissance je n’avais vu notre groupe appeler au secours, et j’espérais bien que ça ne se produirait pas avant longtemps. Comme quoi tout le monde peut se tromper…&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Le reste de la journée se passa à peu près normalement. Les humains chez qui se trouvait le fantôme chassé par Pschhrr n’avaient rien remarqué, et ils passèrent leur journée comme d’habitude : boulot pour les parents, école pour les gamins. Je le sais, parce que c’est moi qui les ai surveillés toute la journée. Heureusement l’école et les deux boulots étaient dans le même quartier, donc il m’a suffi de me mettre sur un toit d’où j’avais vue sur l’ensemble. Vers dix-huit heures ils étaient tous de retour chez eux, sans que rien d’inhabituel ne leur arrive. Miarrr est venu prendre le relais, et je suis parti me reposer un peu. Une journée de surveillance, ça fatigue, mine de rien. Je suis donc rentré chez moi, dans le coin de cave que je squatte, en passant par les poubelles de l’école pour trouver à manger. A vingt heures, grand maximum, j’étais couché et je commençais à m’endormir. C’est à ce moment que j’ai reçu un choc phénoménal. Une décharge d’énergie psychique tellement énorme que je ne l’aurais pas crue possible. J’ai eu l’impression que la douleur me déchirait l’esprit, et j’ai fini par m’évanouir.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Quand je suis revenu à moi de la lumière entrait par le soupirail. Je suis sorti, pour constater qu’il faisait jour. Apparemment j’avais passé plusieurs heures dans le coltard, et je ne savais toujours pas ce qui avait bien pu se passer. Les chats ont le sens de l’orientation, donc je savais d’où venait l’éruption énergétique qui m’avait laissé KO. Je me suis précipité dans cette direction, et je suis tombé sur un cordon de police : l’entrée d’un immeuble était bouclée, de même qu’une portion de trottoir autour. J’ai réussi à entrer discrètement, et une fois dedans j’ai entendu plusieurs personnes qui parlaient. J’ai suivi les voix jusqu’au premier étage, et jusqu’à une porte d’appartement ouverte. Malgré le nombre de policiers sur place, personne ne m’a vu franchir la porte et arriver dans un hall d’entrée. Tout était dans un désordre phénoménal, un peu comme si quelqu’un s’était amusé à balancer tous les meubles contre les murs, pour les laisser ensuite là où ils étaient retombés. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas que des dégâts matériels : deux humains gisaient là, visiblement tués par des coups. La valse du mobilier avait dû être titanesque pour arriver à estourbir ces deux-là ! Tout ça, je l’ai vu rapidement, comme en un éclair, mais je n’y ai pas tellement fait attention sur le coup. Ce qui a tout de suite capté mon attention, c’était la petite forme allongée, par terre, au milieu de tout ce bazar. Je n’arrivais pas à y croire, et pourtant il était là, couché, comme s’il dormait, sans la moindre trace de violence, mais néanmoins mort. Mon vieil ami Pschhrr avait succombé.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Rien que d’y penser, j’en ai les larmes aux yeux, et pourtant il n’était que le premier. Je suis sorti de l’immeuble, et j’ai suivi la rue en courant. J’étais aveuglé par le chagrin et la colère, et j’ai bien dû me cogner sur trois ou quatre poubelles avant de réaliser ce que je faisais. J’ai même réduit en charpie un sac que les gens avaient posé par terre, à côté d’un container trop plein. Ce n’est qu’une fois les ordures répandues sur la voie que j’ai commencé à retrouver mes esprits, et à me calmer. J’ai lancé une convocation mentale, et je suis retourné sur le terrain vague. Selon les lois des Veilleurs, c’était moi le chef à présent, et nous devions comprendre ce qui s’était produit, et comment le plus brillant d’entre nous avait pu mourir comme ça, bêtement, dans une habitation d’humains.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Les autres sont arrivés très vite, visiblement épuisés. J’ai vite compris qu’eux aussi avaient senti l’attaque psychique dans la soirée, et avaient passé la nuit dans les vapes. Je ne sais pas pourquoi j’en suis sorti avant eux, mais je commençais sérieusement à regretter de ne pas être resté chez moi. Celui qui assiste au décès de l’Ancien ou qui le retrouve en premier hérite de sa charge, et je ne me sentais pas du tout apte à prendre la relève.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Comme c’était moi qui avais lancé la convocation, les autres avaient déjà compris ce qui se passait. Tous me regardaient d’un air interrogateur, prêts à recevoir leurs instructions. Je leur ai donc raconté ce qui m’était arrivé la veille au soir, puis tout ce que j’avais fait et vu depuis mon réveil, jusqu’au moment où je les ai appelés. Ils me regardaient d’un air sombre, et beaucoup avaient les yeux mouillés, mais tous les regards brillaient d’une résolution farouche. Je ne savais pas encore qui avait fait ça, mais je pouvais déjà prédire qu’il allait passer un sale moment quand il nous tomberait entre les pattes. Après un long silence c’est Miarrr, ce bon vieux Miarrr, qui a pris la parole le premier.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— OK, on fait quoi maintenant ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— A ton avis, qu’aurait fait Pschhrr ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Pas de ça, Rowr. C’est toi l’Ancien, on fait à ta manière.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Bien. Alors on reprend les patrouilles. Chaque Veilleur passe ici deux fois par jour pour faire son rapport, et je veux que deux d’entre nous restent en permanence pour collecter toutes les informations.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— On met les Cousins dans le coup ?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Les autres chats ? Oui, bien sûr. L’attaque d’hier soir était costaud, et je sens encore des émanations maléfiques. Je suis sûr qu’eux les sentent aussi.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Je n’aime pas ça, tu sais. J’ai du mal à communiquer avec ces abrutis qui passent leur temps sur les genoux des mémères ou dans leur panier.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Tu oublies la cuisine. Arrête ton char, on a déjà tous entendu ce discours. Qu’on le veuille ou non, les Cousins ont de fortes perceptions et il ne faut pas les négliger. Miarrr, Frshhh, vous restez ici jusqu’à la relève, demain matin. Les autres, cassez-vous. Chacun son secteur, et n’oubliez pas : passage ici deux fois par jour. Et si vous voyez quelque chose, ne faites rien. Retour immédiat. Pareil s’il se passe quoi que ce soit que vous ne comprenez pas : on constate, on vient ici, on raconte.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;Vu leurs têtes, je m’y étais plutôt bien pris. Ils sont tous partis avec des airs approbateurs sur la figure, et ils avaient l’air prêts à en découdre. Après les avoir regardés s’éloigner, je me suis approché des deux restants.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Vous avez un rôle essentiel, les gars : maintenir le contact. S’il arrive quoi que ce soit à l’un d’entre nous, vous devez impérativement le sentir et me le faire savoir.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;— Pas de problème, compte sur nous.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;A mon tour j’ai quitté le terrain vague, vers un but bien précis : destination la tanière de Pschhrr. Je savais que, comme moi, il habitait un coin de cave. J’ai donc décidé d’aller y faire un tour, au cas où il aurait laissé quelque chose d’utile. Il ne m’a fallu que quelques minutes pour retrouver l’endroit, et j’ai pu entrer sans ennuis. Malheureusement j’étais venu pour rien : il n’y avait là que les objets de la vie courante, et rien d’inhabituel. J’ai posé un instant la patte sur la veille couverture dans laquelle il dormait, puis je suis parti. Je n’étais pas venu pour rien : cette visite m’avait permis de lui faire mes adieux en privé, et de laisser mon chagrin s’exprimer. Alors que je courais dans les rues, je revoyais les années passées auprès de ce vieux Sage et mes larmes tombaient sur le sol.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;J’allais dans la direction de l’appartement que j’avais visité à peine une heure plus tôt, quand une douleur atroce me vrilla les tempes. Surpris et choqué, j’ai fait un faux pas et je suis tombé, roulant par terre. J’ai réussi à me reprendre et me relever, puis je suis parti m’asseoir sous un porche pour reprendre des forces. J’étais abasourdi : je ne pouvais pas dire qui, mais je savais que l’un au moins de mes compagnons venait de mourir. Il n’y avait eu aucun signe avant-coureur, aucun mouvement d’énergie, seulement cette explosion mentale soudaine, suivie d’un grand vide. Les Veilleurs comptaient un membre de moins. Quand je me suis senti d’aplomb, j’ai repris le chemin du terrain vague : je savais que les autres allaient s’y précipiter.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;J’étais presque arrivé quand j’ai senti des pulsations négatives devant moi. Quelque chose de maléfique était sur le terrain, là où j’avais laissé deux des nôtres. J’ai passé discrètement la palissade, et j’ai mis un pied sur le terrain. Là, Miarrr et Frshhh se tenaient au milieu d’un ballet infernal : les déchets et ordures tournaient dans tous les sens, et mes deux amis devaient en permanence éviter des projectiles qui auraient pu les assommer, ou même les tuer. Après quelques secondes d’observation, un bon élan m’a permis de sauter au milieu de tout ça, et de me retrouver près de mes congénères.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.45pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:13pt"&gt;&lt;font color="#000000"&